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LE FUTURISME au Centre Pompidou

Posté par evelynej le 18 décembre 2008

Le futurisme à Paris. Une avant-garde explosive

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Cliquez sur l’affiche pour voir la bande annonce

À l’occasion du centenaire de la publication du Manifeste du Futurisme de Filippo Tommaso Marinetti à la une du Figaro, le 20 février 1909, le Centre Pompidou présente «Le Futurisme à Paris – une avant-garde explosive».

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Le propos de l’exposition qui s’intitule précisément Le futurisme « à Paris » n’est pas de présenter une vision générique du mouvement mais de souligner les relations entre le futurisme et le cubisme, confrontation qui s’exprima naturellement plus spécifiquement en France, puis d’illustrer ses suites et ses déclinaisons en Russie et en Angleterre.

Que raconte le Manifeste du Futurisme de Filippo Tommaso Marinetti ?

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Aucun manifeste n’avait rejeté avec autant de violence l’héritage du passé.  » Cracher chaque jour sur l’Autel de l’Art  » (F.T.Marinetti)

Marinetti y proclame l’avènement d’une nouvelle esthétique de la vitesse et de la modernité industrielle, où se ressent l’influence de La 628-E8 d’Octave Mirbeau (1907). Selon lui, en effet, « La splendeur du monde s’est enrichie d’une beauté nouvelle : la beauté de la vitesse. Une automobile de course avec son coffre orné de gros tuyaux tels des serpents à l’haleine explosive… Une automobile rugissante, qui a l’air de courir sur de la mitraille, est plus belle que la Victoire de Samothrace. » Il entame alors une série de conférences et de lectures poétiques, ainsi que des « soirées futuristes » organisées dans plusieurs villes italiennes, faisant des « adeptes » du mouvement futuriste.(wikipédia)

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Pour lire la Fondation et Le Manifeste du futurisme, cliquez sur l’affiche ci-dessus.

« Le visage masqué de la bonne boue des usines, pleine de scories de métal, de sueurs inutiles et de suie céleste, portant nos bras foulés en écharpe, parmi la complainte des sages pêcheurs à la ligne et des naturalistes navrés, nous dictâmes nos premières volontés à tous les hommes vivants de la terre :

MANIFESTE DU FUTURISME

1. Nous voulons chanter l’amour du danger, l’habitude de l’énergie et de la témérité.

2. Les éléments essentiels de notre poésie seront le courage, l’audace et la révolte.

3. La littérature ayant jusqu’ici magnifié l’immobilité pensive, l’extase et le sommeil, nous voulons exalter le mouvement agressif, l’insomnie fiévreuse, le pas gymnastique, le saut périlleux, la gifle et le coup de poing.

4. Nous déclarons que la splendeur du monde s’est enrichie d’une beauté nouvelle : la beauté de la vitesse. Une automobile de course avec son coffre orné de gros tuyaux, tels des serpents à l’haleine explosive… une automobile rugissante, qui a l’air de courir sur de la mitraille, est plus belle que la Victoire de Samothrace.

5. Nous voulons chanter l’homme qui tient le volant, dont la tige idéale traverse la terre, lancée elle-même sur le circuit de son orbite.

6. Il faut que le poète se dépense avec chaleur, éclat et prodigalité, pour augmenter la ferveur enthousiaste des éléments primordiaux.

7. Il n’y a plus de beauté que dans la lutte. Pas de chef-d’œuvre sans un caractère agressif. La poésie doit être un assaut violent contre les forces inconnues, pour les sommer de se coucher devant l’homme.

8. Nous sommes sur le promontoire extrême des siècles !… À quoi bon regarder derrière nous, du moment qu’il nous faut défoncer les vantaux mystérieux de l’impossible ? Le Temps et l’Espace sont morts hier. Nous vivons déjà dans l’absolu, puisque nous avons déjà créé l’éternelle vitesse omniprésente.

9. Nous voulons glorifier la guerre — seule hygiène du monde —, le militarisme, le patriotisme, le geste destructeur des anarchistes, les belles idées qui tuent et le mépris de la femme.

10. Nous voulons démolir les musées, les bibliothèques, combattre le moralisme, le féminisme et toutes les lâchetés opportunistes et utilitaires.

11. Nous chanterons les grandes foules agitées par le travail, le plaisir ou la révolte : les ressacs multicolores et polyphoniques des révolutions dans les capitales modernes ; la vibration nocturne des arsenaux et des chantiers sous leurs violentes lunes électriques ; les gares gloutonnes, avaleuses de serpents qui fument ; les usines suspendues aux nuages par les ficelles de leurs fumées ; les ponts aux bonds de gymnastes lancés sur la coutellerie diabolique des fleuves ensoleillés ; les paquebots aventureux flairant l’horizon ; les locomotives au grand poitrail qui piaffent sur les rails, tels d’énormes chevaux d’acier bridés de longs tuyaux et le vol glissant des aéroplanes, dont l’hélice a des claquements de drapeaux et des applaudissements de foule enthousiaste.

C’est en Italie que nous lançons ce manifeste de violence culbutante et incendiaire, par lequel nous fondons aujourd’hui le Futurisme, parce que nous voulons délivrer l’Italie de sa gangrène de professeurs, d’archéologues, de cicérones et d’antiquaires.

Source : Marinetti (Filippo Tommaso), Manifeste du futurisme, Séguier, coll. « Carré d’art », 1996.

Première avant-garde du XXe siècle, le Futurisme a célébré la technique, l’énergie de la foule, l’activité trépidante des métropoles modernes. À l’équilibre, à la stabilité, hérités des modèles classiques, il a voulu substituer une énergétique, un dynamisme, une vitesse disloquant les formes.

Les canons esthétiques anciens hérissent les futuristes. Le cubisme, avec ses a-plats de couleurs et son intérêt pour la nudité est combattu par les futuristes qui revendiquent les couleurs impressionnistes rejetées par les cubistes. Cette opposition donne lieu à l’exposition de très célèbres toiles cubistes de Picasso et Braques.

 

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1. Pablo Picasso (1881-1973) La Dryade, 1908
Huile sur toile – 185 x 108 cm
Saint-Pétersbourg, Musée de l’Ermitage
Photo : Musée de l’Ermitage
© Succession Picasso

Ainsi, une première salle est entièrement consacrée au cubisme auquel les futuristes se sont opposés. Certes on y admirera une quinzaine de tableaux de premier plan. Citons par exemple la grande Dryade de Picasso (ill. 1), venue de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, la superbe Cathédrale de Chartres d’Albert Gleize ou encore les Nus dans la forêt de Fernand Léger (Kröller-Müller Museum d’Otterlo) ainsi que cinq beaux Georges Braque, des Metzinger et d’autres Picasso.

Pour lire l’excellent dossier pédagogique du Centre Pompidou et vous promenez dans les diverses salles, cliquez sur l’affiche ci-dessous :

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A suivre…

Publié dans EXPOSITIONS ET HISTOIRE DE L'ART | 1 Commentaire »

 

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