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Giorgio de Chirico

Posté par evelynej le 12 mars 2009

 La fabrique de rêve

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Ombres inquiétantes, perspectives dérangeantes, architectures théâtrales, enclos métaphysiques, personnages colonnes ou petits personnages réduits à des ombres, locomotives et voiles dans le lointain, dallages fragmentés… Les tableaux de Giorgio de Chirico sont mystérieux et mélancoliques.

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Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris consacre une exposition rétrospective à Giorgio de Chirico (1888 – 1978), artiste majeur du XXe siècle dont l’œuvre n’a pas été présentée à Paris depuis plus de vingt-cinq ans.

Du 13 février au 24 mai 2009

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L’énigme d’un jour, huile sur toile, 83 x 130 cm, 1914

Cent soixante-dix peintures, sculptures, œuvres graphiques et une sélection d’archives retracent le parcours singulier de l’artiste actif de 1909 à 1975.

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Giorgio De Chirico, né le 10 juillet 1888 à Volos en Thessalie, Grèce et mort le 20 novembre 1978 à Rome, Italie est un peintre italien « métaphysique » selon sa propre définition, dont les œuvres ont été admirées des surréalistes qui l’ont renié dès 1925, puis, se rapprochant du futurisme, qui a participé au mouvement pictural italien Novecento.(1888-juillet-10)

Son père, ingénieur des chemins de fer en Thessalie, est un amateur d’art qui lui fait découvrir la Grèce antique. À l’âge de 12 ans, De Chirico est inscrit à l’Institut polytechnique d’Athènes où il suit des cours de dessins et de peinture. Après la mort de sa sœur puis de son père, en 1905, il suit sa mère et son frère cadet Andrea (Alberto Savinio) qui partent s’installer en Italie puis à Munich. Il fréquente alors les cours de l’Académie des beaux-arts et découvre les œuvres de Friedrich Nietzsche et Arthur Schopenhauer et les tableaux d’Arnold Böcklin et de Max Klinger.

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Portrait de l’artiste par lui-même « Et quid amabo nisi quod aenigma est? », 1910-1911

Nuova Galleria del Sogno, Lugano
© Nuova Galleria del Sogno, Lugano

De retour en Italie, en 1910, il commence une série de tableaux le mot énigme revient souvent dans les titres : Énigme d’un soir d’automne (1910), Énigme de l’oracle (1910), L’Énigme de l’heure (1912). Dans une lettre de janvier 1911 à son ami Fritz Gartz, Chirico tente d’expliquer l’avènement de sa phase « métaphysique » : « Un nouvel air a inondé mon âme – j’ai entendu un nouveau chant – et le monde entier me semble maintenant totalement transformé – l’après-midi d’automne est arrivé – les ombres longues, l’air limpide, le ciel gai – en un mot Zarathoustra est arrivé, vous m’avez compris ? ».

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Giorgio de Chirico – L’énigme de l’heure – 1911

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Intérieur métaphysique (avec grande usine), 1916

Staatsgalerie, Stuttgart © Staatsgalerie Stuttgart

Jusqu’en 1917, De Chirico ne cessera de peindre des tableaux à l’apparente simplicité mais à forte suggestion prémonitoire, jouant sur des chromatismes sans nuances et des perspectives parfois aberrantes : horizons bas et lointains, éléments architecturaux monumentaux côtoyant au premier plan des objets les plus incongrus (gant, mannequins de couturier, empreinte de poisson ou de coquillage, artichauts, locomotives), désertification (« désertion » ?) des espaces malgré les têtes sculptées, bustes ou statues en pied. (« De Chirico a créé un univers où les objets se mettent à faire des signes » René Passeron).

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Le chant d’amour

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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   Le Rêve transformé, 1913

The Saint Louis Art Museum, Saint Louis, Don de Mr. et Mrs. Joseph Pulitzer Jr.© The Saint Louis Art Museum, Saint Louis (Missouri), don de Mr. et Mrs. Joseph Pulitzer Jr., 1951

L’Inquiétude du poète (parfois intitulé L’Incertitude… ) compte parmi les œuvres les plus représentatives de la période « métaphysique » : la rencontre fortuite d’un corps de femme, d’un régime de bananes et d’arcades, symboles érotiques, opposée au train en partance et à la représentation du corps féminin par l’intermédiaire d’une statue, engendre la profonde nostalgie d’un rendez-vous manqué.

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L’incertitude du poète, 1913

Par l’intermédaire de son frère, devenu peintre lui aussi et installé à Paris, De Chirico expose ses premières œuvres au Salon d’automne de 1912 et 1913. Guillaume Apollinaire le remarque et écrit, pour sa revue Les Soirées de Paris, un compte rendu élogieux où il qualifie la peinture de De Chirico de « métaphysique ». Reprenant cette expression, De Chirico et Carlo Carrà fonde le mouvement Pittura metafisica (1915). Alertés par cet article d’Apollinaire, les artistes d’avant-garde de cette époque : cubistes, orphistes, futuristes, futurs Dadaïste et surréalistes sont impressionnés et admiratifs.

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Portrait de Guillaume Apollinaire, 1914

Un jour de 1922, Yves Tanguy aperçoit de la plateforme d’un autobus, dans une vitrine, le tableau Le Cerveau de l’enfant. Il saute aussitôt de l’autobus et en est tellement impressionné qu’il décide alors de devenir peintre « bien que je n’ai jamais tenu une brosse ! ». Sans le savoir, il reproduisait la même réaction qu’a eu André Breton six ans auparavant.

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Le Cerveau de l’Enfant (The Child’s Brain)

En 1919, De Chirico a « la révélation de la grande peinture » devant une toile de Titien. Il rejoint le groupe futuriste Valori Plastici séduit par le fascisme de Mussolini et son prolongement : le mouvement Novecento. De Chirico exécute alors ses séries de Villes romaines, Fils prodigue et Argonautes au grand désespoir de Breton : « Chirico, en continuant de peindre, n’a fait depuis dix ans que mésuser d’un pouvoir surnaturel… Cette escroquerie au miracle n’a que trop duré. »En 1928, les surréalistes organisent une exposition Chirico consacrée à la seule période métaphysique, à laquelle ils donnent pour titre « Ci-gît Giorgio De Chirico ». Dans un compte rendu de cette exposition, Raymond Queneau dès lors, il se convertit à un style néoclassique (puis néoromantique et néobaroque) exaltant les valeurs du métier artisanal et de l’iconographie traditionnelle. « Pictor classicus sum » telle est désormais sa devise. conclut « qu’il est inutile de s’attarder derrière [ce] grand peintre [...] Une barbe lui a poussé au front, une sale vieille barbe de renégat. » Cinquante ans plus tard, De Chirico répondra : J’aurais préféré qu’on s’occupe de moi d’une façon plus intelligente. Mais je peux rien faire contre. »

La polémique déclenchée par les surréalistes n’empêche pas De Chirico de poursuivre son œuvre dans une voie plus académique mais aussi plus rémunératrice, déclinant à l’infini ses tableaux dans son style métaphysique à la manière d’un peintre pompier du XIXe siècle.

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L’énigme du départ ou l’énigme d’un départ, 1930

Collection particulière, France

© Alberto Ricci, Paris

Tableaux, huiles sur toile (sélection) 

  • Le Vol du centaure, 1909
  • L’Énigme de l’oracle, 1910
  • La Méditation matinale », 1912
  • Ariane, 1913
  • L’Inquiétude (ou L’Incertitude) du poète, 1913
  • Mélancolie d’un après-midi, 1913
  • La Nostalgie de l’infini, 1913
  • Portrait de Madame Gartzen, 1913
  • La Récompense du devin, 1913
  • La Tour rouge ou La Grande tour, 1913
  • L’Angoisse du départ, 1914
  • La Conquête du philosophe, 1914
  • Mélancolie et mystère d’une rue, 1914
  • Chanson d’amour ou Le Chant d’amour, 1914
  • Le Cerveau de l’enfant, 1914
  • L’Énigme de la fatalité, 1914
  • Portrait prémonitoire de Guillaume Apollinaire, 1914, le profil d’Apollinaire avec un cercle tracé autour de sa tempe gauche
  • Le Vaticinateur, 1915
  • Le Duo ou Les Mannequins de la tour rose, 1915
  • Andromaque, 1916
  • La Mélancolie du départ, 1916
  • Les Mathématiciens, 1917
  • La Chambre enchantée », 1917
  • Le Grand métaphysicien, 1917
  • Intérieur métaphysique », 1917
  • Les Jeux du savant, 1917
  • La Muse métaphysique, 1917
  • Les Muses inquiétantes, 1918
  • L’Angoissant voyage
  • Autoportrait à la palette, 1924, avec l’inscription (en latin) « la gloire éternelle me sera attribuée »
  • Il Condottiero, 1925
  • Les Rivages de la Thessalie, 1926
  • La Cohorte invincible, 1928
  • Le Gladiateur au repos, 1928
  • L’Homme invisible, 1929
  • Combat de gladiateurs dans une chambre, 1929
  • Banlieue de la ville paranoïa-critique », 1936
  • La Chute de Phaéton, 1948, tempera sur toile
  • Bains mystérieux avec statue, 1948,de la série des « Bains mystérieux » commencée en 1934.
  • Les Muses inquiétantes, 1924-61, version différente du tableau de 1918 : à l’horizon la tour et le train en marche ont remplacé le château de Ferrare.
  • Piazza d’Italia, 1962
  • Les Masques, 1973
  • Hebdomeros, récit autobiographique, 1925

Bibliographie 

  • Adam Biro & René Passeron (sous la direction de) « Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs », Office du livre, Fribourg (Suisse) et Presses universitaires de France, Paris, 1982
  • Manuel Jover « De Chirico ou la solitude des signes », in Connaissance des arts, n° 668, février 2009.
  • « Giorgio De Chirico e un Novecento prima e dopo la Transavanguardia », catalogue de l’exposition tenue à Fiesole (province de Florence) du 14 avril au 3 juin 2007

Autres articles 

(Wikipedia)

 

 

 

 

 

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